Ah, le rosé… ce vin qui suscite plus de préjugés qu’une star de télé-réalité candidate à la présidence.
"Réservé aux femmes",
« Vin d'été simple »,
" Des trucs sucrés bon marché" .
En tant qu'amateur de vin, j'entends si souvent ces affirmations que cela me donne presque envie d'en boire. Mais soyons honnêtes : ces idées reçues tenaces sont complètement dépassées. Passons-en quelques-unes en revue :
1. Le mythe du genre : « Les vrais hommes ne boivent pas de rosé »
Saviez-vous que le rosé était à l'origine le vin préféré des guerriers grecs ? Moi non plus, et je ne peux pas leur demander, mais bon. Et saviez-vous que dans les régions viticoles classiques de France, le rosé a toujours été considéré comme un vin de qualité, accessible à tous ? L'idée que le rosé soit un « vin de femmes » remonte aux années 1950. Vous savez, l'époque où l'on pensait que fumer était bon pour la santé.
Brad Pitt et Angelina Jolie étaient si doués qu'ils ont acheté leur propre vignoble de rosé. Le Château Miraval produit l'un des rosés les plus réputés au monde. Un vin plutôt « féminin » , donc.
2. La fable de l'été : « La rose n'est que pour les jours chauds »
Ce mythe est aussi absurde que de porter uniquement des chaussettes rouges en hiver. Un bon rosé Domaine de la Janasse avec du gibier ou un Bandol corsé avec une bouillabaisse hivernale : voilà de quoi vous réchauffer instantanément.
En réalité, de nombreux rosés sont des vins d'hiver parfaits car ils allient la fraîcheur du blanc à une touche de caractère du rouge. C'est le meilleur des deux mondes, toute l'année.
3. Le mythe de la qualité : « Un bon vin est rouge ou blanc »
Une vérité parfois surprenante : nombre de « connaisseurs » qui dédaignent le rosé ignorent souvent la complexité de sa production. Élaborer un rosé de qualité est un exercice d’équilibriste ; un seul faux pas et toute la cuvée est gâchée.
Les rosés de domaines prestigieux comme Domaines Ott peuvent facilement se conserver plusieurs années. Certains exemplaires coûtent plus de 100 € la bouteille . On est loin du vin bon marché que beaucoup considèrent comme tel.
4. La controverse sur la couleur : « Plus c'est clair, mieux c'est »
Cette tendance est aussi absurde que de dire que toutes les bonnes voitures devraient être argentées. L'engouement pour les rosés légers découle du succès des vins de Provence, mais il est certainement absurde de se fier uniquement à la couleur. Le Barolo et le Cabernet de Napa présentent également des couleurs très différentes, mais les deux régions produisent de nombreux vins de grande qualité.
Un rosé plus foncé peut être tout aussi impressionnant qu'un rosé provençal couleur saumon. L'important, c'est le contenu du verre, pas l'apparence sur Instagram.
Comment choisir le rosé parfait ?
Oubliez toutes les règles que vous connaissez et concentrez-vous sur ces fondamentaux :
- Fiez-vous à vos propres goûts, pas à la couleur ni au prix.
- Expérimentez avec différentes régions et styles
- Servez-le entre 10 et 12 °C (pas glacé). Cependant, vous pouvez le boire légèrement plus frais si vous ne l'accompagnez pas de nourriture.
L'avenir du rosé
Face aux changements climatiques et à l'évolution des préférences des consommateurs, le rosé est à un tournant. De plus en plus de grands producteurs élaborent des rosés de qualité, souvent avec le même soin que pour leurs vins rouges les plus prestigieux.
Le rosé mérite mieux que ces clichés. C'est un vin à part entière, digne d'être apprécié au même titre que le rouge ou le blanc. Alors la prochaine fois que quelqu'un dénigre le rosé, servez-vous un autre verre. Car vous savez désormais qu'il a bien plus à offrir.
Sources :
https://www.intelmarketresearch.com/food-and-beverages-321
https://www.internationalwinechallenge.com/Canopy-Articles/rose-trends.html
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